Lancement du dispositif « Les Promeneurs du Net »

Le dispositif les « Promeneurs du net » (PdN) est en cours de déploiement à l’échelle nationale depuis fin 2016 et depuis le 1er Août 2017 dans le Lot-et-Garonne.
Suite à une expérimentation dans quatre départements du nord de la France à partir de 2012, des animateurs, éducateurs, conseillers et des professionnels de la jeunesse prolongent leurs missions sur les réseaux sociaux. Ils mettent en place une présence adulte et éducative sur la toile.

Ce dispositif financé par la CAF et la MSA pour le moment, est piloté et coordonné dans le département par le Service de Prévention Spécialisée de Sauvegarde. Il assure l’animation et la coordination de ce nouveau territoire, dit « rue numérique » qui rappelle le mode d’intervention premier des équipes de prévention : « aller vers ».

L’ensemble des observateurs s’accordent pour dire que les jeunes consacrent de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux. Les professionnels se questionnent, expérimentent des réponses en d’autres termes, cherchent des solutions pour continuer à capter ce public aujourd’hui de plus en plus diffus.
Le dispositif des « Promeneurs du Net » labellisé « CAF » et à destination des 11-25 ans, permet à chaque Promeneur de s’inscrire sur un ou plusieurs réseaux sociaux (Snapchat, Facebook, Instagram…). Il crée un profil clairement identifié, avec un cadre fixé nationalement, comme professionnel, dans une structure identifiée et comme PdN. La mise en commun des différentes approches éducatives permettra l’émergence d’un réseau professionnel comme dans le travail social classique.

Ainsi cinq ans après les expérimentations, nous constatons que chaque PdN renforce le lien avec les jeunes et par expansion les familles. Les jeunes prolongent le lien avec les structures au travers leur relation avec les professionnels, ils recherchent de l’information, des conseils et tissent des liens de confiance et d’alliance pour de l’échange autour de sujets plus lourds en structure cette fois. « L’écran désinhibe un peu les ados qui vont aborder des thématiques plus profondes en face à face » écrit Christelle Petit, directrice du foyer de jeunes travailleurs à Bourges.

Au travers la construction du réseau PdN, un nouveau territoire est en train de se créer mais également un nouveau groupe de professionnels pluridisciplinaires. Du côté des professionnels travaillant avec la jeunesse en effet, la nouveauté est de commencer à développer une culture numérique commune mais également de poursuivre l’apprentissage de nouvelles postures professionnelles intégrant le numérique.

Ce nouveau dispositif génère une somme importante et variée de questionnements en termes d’éthique, de postures, de limites, de droits à l’image, à l’oubli, de pratiques et utilisations informatiques mais également de peurs et de résistances… qui devront être abordées lors de la mise en place et de l’accompagnement des acteurs de ce réseau.

Inauguration des permanences de la Prévention Spécialisée de SAUVEGARDE à Montanou.

On les connait sous le nom d’éducateurs de rue, ils font un travail quotidien que l’on voit peu mais qui est essentiel dans la cité.
Le travail de rue est le socle de leur méthode d’intervention, il permet de tisser les liens de confiance nécessaires à tout accompagnement éducatif. Cependant leurs méthodes sont multiples et souvent partenariales.

Leur mission, déléguée par le Conseil Départemental, consiste à aller vers les jeunes de 13 à 21 ans, là où ils sont et quand ils y sont. Pour ces derniers, ils sont la garantie d’avoir des adultes référents vers qui se tourner en cas de besoin. Ils pourront trouver une écoute garantissant anonymat mais surtout accompagnement et aide à la résolution de leurs problèmes ou de leurs questionnements.

Présents sur le secteur Nord-Est depuis Novembre 2016, Pierre LACOMBE et Charlélie CHAPY ont fait le choix de mettre en place des temps de permanence afin de diversifier leur offre de service et ainsi disposer d’un lieu pour accueillir les jeunes autrement que dans la rue. Ce choix fait suite à leurs observations, aux besoins repérés mais surtout aux différents échanges avec les intervenants de ce territoire, on peut parler ici des diagnostics partagés.

Suite à des différentes rencontres partenariales, une convention entre la mairie d’Agen et l’association SAUVEGARDE a vu le jour. Elle prévoit la mise à disposition gracieuse d’un local en plein cœur de quartier sur des temps dédiés, les mardis et vendredis en début de soirée ainsi que les mercredis en fin de matinée.

Vendredi 13 octobre 2017 a donc eu lieu l’inauguration de cette permanence sous un grand et beau soleil, dans une ambiance chaleureuse et en présence de nombreux partenaires.
Elle aura permis à notre président Mr PAGOTTO, notre vice-présidente Mme BOISSIÉ et notre Directeur Général Adjoint Mr PERINETTI de rencontrer et d’échanger avec les élus de la ville, les agents des collectivités locales, les agents du Département, les personnels de l’Éducation Nationale ainsi les professionnels associatifs qui avaient répondu à cette invitation.

COSE – Collectif surexposition écrans

Les membres du collectif COSE ont chacun, depuis plusieurs années, alerté sur les conséquences de la surexposition aux écrans dans des articles, des colloques, dans des commissions de réflexion, auprès d’associations de professionnels, d’associations de parents. Ils ont décidé de relater, dans une tribune parue dans Le Monde du 31/05/017, leur expérience clinique préoccupante concernant l’ évolution du nombre d’enfants jeunes présentant des retards importants dans le développement de la communication, du langage et de la cognition et interrogent un constat commun à savoir une évolution du temps de ces enfants passés devant les écrans…lire la suite sur le site http://www.surexpositionecrans.org/

Enfants et écrans au cœur de la conférence du 10 octobre 2017

Mardi 10 octobre 2017, le Centre de Guidance Infantile organisait une conférence sur le thème « Enfant (du) numérique. Grandir devant les écrans ». 150 participants se sont retrouvés salle Albagnac du Crédit Agricole afin d’entendre et d’échanger avec Sabine DUFLO, psychologue et thérapeute familiale au CMP de Noisy-le-Grand (93), membre fondateur du collectif COSE, COllectif Surexposition Ecrans.

La révolution numérique en marche s’accompagne de mutations profondes de notre société. L’impact de l’omniprésence des écrans dans tous les lieux de vie devient un objet de réflexion pour les familles et les professionnels. La surexposition des enfants et adolescents aux outils numériques semble avoir des effets sur le développement de l’enfant et sur ses capacités d’apprentissage et de socialisation.
Partant de sa pratique clinique et de l’état actuel des études scientifiques, Sabine DUFLO a livré des pistes de travail, que les professionnels du secteur social et médico-social pourront utiliser dans leurs rencontres avec les familles.

 

« A propos de la complexité de l’accueil familial ». Une conférence riche d’enseignements

Le service de l’UPAES de Sauvegarde a réuni le mardi 3 octobre 2017 plus de 150 professionnels autour de la question de  « La complexité de l’accueil familial ». Cette journée a été ponctuée par trois interventions de conférenciers exerçant dans le milieu de la protection de l’enfance et membres du Réseau d’Intervenants en Accueil Familial d’Enfants à Dimension Thérapeutique.

Mme Geneviève MERMET, psychologue, a ouvert cette journée sur laquestion : « Pourquoi la vie quotidienne de l’enfant placé en accueil familial mobilise autant de compétences ? ». Elle a rendu ses lettres de noblesse au travail extrêmement précieux des assistants familiaux dans les « petits riens du quotidien ». S’appuyant sur des illustrations cliniques, elle a mis en avant le processus d’humanisation parfois lent et subtil de l’enfant au sein de sa famille d’accueil.

Mr Christian ALLARD, responsable d’un placement familial en Val-de-Marne, dénonçant les politiques actuelles de « management », a mis l’accent sur le besoin primordial d’enracinement pour se construire, sur l’importance de la permanence et de la continuité de l’assistant familial comme du référent de l’enfant. Tout en rappelant qu’un assistant familial assure une part de la parentalité auprès de l’enfant, il insiste sur le fait qu’un maternage sans tiers peut être périlleux. Le cœur de son propos se situe là : « soutenir un assistant familial, c’est empêcher une fusion enfermante », « une bonne assistante familiale est une assistante familiale qui dure, et elle dure si elle fait partie d’une équipe ».

Le Docteur Pascal RICHARD, pédopsychiatre, à partir de l’évolution de sa pratique et de sa pensée, nous a proposé de réfléchir sur « L’attachement… Des liens qui libèrent ?». En balayant des décennies de conceptualisation, il a présenté la théorie de l’attachement comme un outil pour penser notre pratique en accueil familial. Citant Wladimir Granoff : « Penser, c’est croire qu’on a le temps », il a conclué sur la nécessité de s’interroger toujours et de collecter chacun « nos propres petits cailloux » conceptuels qui nous aident à vivre et à travailler avec nos incertitudes.

En espérant que chacun ai quitté cette journée riche de ces réflexions, et qu’elles nous aideront tous dans notre travail quotidien.

Yannick Capot

Laure De Bortoli