3 mois… 6 mois… 1 an … où plus… Attendre… attendre… attendre…

Et puis, un jour un avis de passage dans la boite aux lettres signale « LE RECOMMANDE « , celui qu’ils ont hâte à aller chercher sans encore savoir mais où tout va changer : Soit la réponse de la demande de protection est un rejet, elle peut venir de l’OFPRA et dans ce cas ils peuvent contester la décision et accéder à une nouvelle chance auprès de la CNDA. Si dans un second temps la réponse est un rejet de la demande de protection par la CNDA alors c’est terminé.
Dans cette situation, leur hébergement est prolongé jusqu’à un mois et ils doivent quitter le dispositif du CAO-HUDA. Ils peuvent faire une demande d’aide au retour volontaire mais peu le font.
Soit la demande de protection est accordée, par l’OFPRA ou la CNDA et là :

BIENVENUE EN FRANCE !

L’hébergement et l’accompagnement sont prolongés jusqu’à trois mois avec la possibilité de demander le renouvellement une fois avec l’accord de l’OFII.

Durant cette période, nous axons le travail vers le processus d’intégration.
Souvent, après une longue attente cette réponse est le déclencheur d’un apprentissage plus assidu de la langue française. Des bénévoles viennent donner des cours dans le service et les personnes accèdent aux cours donnés dans les différentes associations.
Pour tous, du temps reste encore nécessaire pour intégrer les différentes administrations françaises et leurs fonctionnements.
Très peu sont en capacité, du fait de leur compréhension de la langue d’accéder à un travail aussi rapidement ; cependant certains trouvent de petits travaux agricoles ou de petits contrats de manutention.
L’accès aux droits communs leur est possible, pour les plus de 25 ans nous ouvrons les droits au RSA suivit dans le cadre de l’intégration sociale. Ce revenu minimum leur permet d’accéder au logement. Nous travaillons en partenariat avec le Service d’Intermédiation Locative de l’association SOLINCITE.

Un grand nombre de ces personnes s’installent dans la ville d’Agen dans un premier temps afin de stabiliser leur situation administrative et d’accomplir les contenus de leur contrat d’insertion (formation linguistique, formation civique) mais ils n’y restent pas. Ils partent vivre dans les grandes villes espérant y trouver plus facilement du travail mais aussi des connaissances, leur communauté.
Pour les moins de 25 ans, c’est plus compliqué ! A ce jour il n’existe pas dans les droits communs des aides matérielles qui leur permettraient de pouvoir s’installer et survivre à minima afin de prendre le temps d’être prêt à accéder au travail. Nous faisons des demandes d’orientation pour ces jeunes soit vers les CPH (Centre Provisoire d’Hébergement); soit vers les CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) qui accueillent les personnes en grande difficulté.
Pour toutes les personnes de plus ou de moins de 25 ans qui n’obtiennent pas une orientation ou ne trouvent pas de solution d’hébergement avant la date butoir de sortie, alors il reste le 115 (hébergement d’urgence).

Bon voilà ! Tout cela semble bien simple mais, lorsque l’on vient des montagnes du Tibet, de l’ Afghanistan, du Soudan, de l’Éthiopie, de l’
l’Érythrée, de Somalie  ou des pays de l’Est , il n’est pas simple de s’inscrire dans notre démocratie, il est courageux de se re- construire avec de nouveaux codes culturels et  recommencer à vivre .

Claudine Bernard,
Éducatrice au CAO-HUDA