« A propos de la complexité de l’accueil familial ». Une conférence riche d’enseignements

Le service de l’UPAES de Sauvegarde a réuni le mardi 3 octobre 2017 plus de 150 professionnels autour de la question de  « La complexité de l’accueil familial ». Cette journée a été ponctuée par trois interventions de conférenciers exerçant dans le milieu de la protection de l’enfance et membres du Réseau d’Intervenants en Accueil Familial d’Enfants à Dimension Thérapeutique.

Mme Geneviève MERMET, psychologue, a ouvert cette journée sur laquestion : « Pourquoi la vie quotidienne de l’enfant placé en accueil familial mobilise autant de compétences ? ». Elle a rendu ses lettres de noblesse au travail extrêmement précieux des assistants familiaux dans les « petits riens du quotidien ». S’appuyant sur des illustrations cliniques, elle a mis en avant le processus d’humanisation parfois lent et subtil de l’enfant au sein de sa famille d’accueil.

Mr Christian ALLARD, responsable d’un placement familial en Val-de-Marne, dénonçant les politiques actuelles de « management », a mis l’accent sur le besoin primordial d’enracinement pour se construire, sur l’importance de la permanence et de la continuité de l’assistant familial comme du référent de l’enfant. Tout en rappelant qu’un assistant familial assure une part de la parentalité auprès de l’enfant, il insiste sur le fait qu’un maternage sans tiers peut être périlleux. Le cœur de son propos se situe là : « soutenir un assistant familial, c’est empêcher une fusion enfermante », « une bonne assistante familiale est une assistante familiale qui dure, et elle dure si elle fait partie d’une équipe ».

Le Docteur Pascal RICHARD, pédopsychiatre, à partir de l’évolution de sa pratique et de sa pensée, nous a proposé de réfléchir sur « L’attachement… Des liens qui libèrent ?». En balayant des décennies de conceptualisation, il a présenté la théorie de l’attachement comme un outil pour penser notre pratique en accueil familial. Citant Wladimir Granoff : « Penser, c’est croire qu’on a le temps », il a conclué sur la nécessité de s’interroger toujours et de collecter chacun « nos propres petits cailloux » conceptuels qui nous aident à vivre et à travailler avec nos incertitudes.

En espérant que chacun ai quitté cette journée riche de ces réflexions, et qu’elles nous aideront tous dans notre travail quotidien.

Yannick Capot

Laure De Bortoli