Le CPH: Centre d’Accueil Provisoire

L’équipe du CPH, ce sont des travailleurs sociaux, une secrétaire, une directrice, un chef de service, un agent polyvalent et des bénévoles. Toute petite équipe pour travailler avec le monde entier! Et oui, parce que les personnes accueillies n’ont de commun que ce petit bout de papier, titre de séjour, qui leur octroie le droit de rester sur le territoire. Pour le reste, ce sont des hommes, des femmes et des enfants au parcours de vie, au projet, à la langue, unique. Leur seul point commun est ce fulgurant désir de vivre, bien que cabosses parfois par un parcours douloureux. Parce qu’une intégration réussie, nous le croyons, passe avant tout par un accueil chaleureux et de qualité, par le respect de ce qu’ils sont et de ce qu’ils veulent devenir.

Concrètement le CPH, c’est l’énergie d’une équipe tout neuve à favoriser en 9mois l’apprentissage du français, s’assurer de l’accès des usagers aux soins,au logement et de permettre une insertion professionnelle et sociale.
Nous les accueillons au CPH, mais eux nous accueillent dans leur vie, nous leur offrons un logement mais eux nous offrent l’espoir de pouvoir croire en la résilience, en la vie.
Depuis leur arrivée et souvent après un long et douloureux voyage, après plusieurs mois à travailler la procédure d’asile, le CPH est le premier endroit où on peut se poser, plus serein. Se poser oui, mais pas trop longtemps. 9mois, c’est court pour « s’intégrer ». Acquérir la langue, connaitre la culture et prendre ses repères. Mais 9 mois, c’est suffisant pour se sentir accueilli, respecté. Il n’est pas question de leur faire oublier leur histoire, leur culture. Mais bien de leur expliquer la notre. L’intégration, ce n’est pas l’oubli de nos racines. C’est la volonté de comprendre la culture et le fonctionnement du pays d’accueil. Et pour comprendre, il faut qu’on nous les transmette…

Aujourd’hui le CPH c’est 36 personnes, autant d’histoires, 16 nationalités et presque autant de langues, dialectes et coutumes.
Chacune de ces cultures a sa force, ses trésors.

Les premiers usagers à bénéficier de l’orientation au CPH ont été une rencontre inattendue.
Ces hommes, arrivés du bout du monde, à 7500 km du pays du rugby et des pruneaux, d’une région où les yourtes remplacent les maisons, ou les yacks paissent dans les près, ont joliment décoré leurs fenêtres de petits tissus colorés et n’aspirent qu’à la paix… et pourtant, c’est la répression qu’ils ont fuit, l’enfer induit par une dictature qui ne leur permet plus de vivre par delà leurs montagnes, ni de pouvoir librement pratiquer leur religion. Hommes respectueux, droits, n’ayant pour demande que celle de retrouver leurs familles et de vivre en paix, dans notre pays qui prône la liberté, l’égalité, la fraternité.
Aujourd’hui rédactrice de mon premier article journalistique sans prétention, c’est avec émotion que je veux leur dédier ces quelques lignes et évoquer ce drame qui touche ce petit coin du monde, inaccessible aux vrais journalistes, le Tibet.
Je nous souhaite encore d’autres belles rencontres…

Marie SAVIGNY,
Éducatrice au CPH