« L’employabilité ! »

Voici quelques mois que le CPH vient d’ouvrir ses portes. Parmi nos différentes missions liées à l’accompagnement des personnes que nous accueillons, l’insertion professionnelle représente un véritable enjeu. Au même titre que l’apprentissage de la langue, la compréhension du fonctionnement de notre société ou l’obtention d’un logement, c’est un incontournable pour tendre vers une « inclusion » réussie (insertion ou intégration selon les générations !).
Nous avons 9 mois pour « finaliser » leur parcours d’intégration, débuté depuis leur demande d’asile. En recherchant brièvement « la » dernière définition de l’employabilité (dernier mot à la mode) je suis tombé sur celle-ci : « c’est la capacité relative que possède chaque individu d’obtenir un emploi satisfaisant compte tenu de l’interaction entre ses caractéristiques propres et le marché de l’emploi »
Autant dire un véritable challenge pour le public que nous accueillons ou même qui que ce soit notamment dans le contexte actuel où les lexiques les plus utilisé usent d’inlassables formules : « chômage », « précarité », « vague de migrants », « montée des extrêmes », …
Mais après une longue expérience de 2 mois dans ce service (et oui déjà), l’espoir subsiste, notamment chez les utopistes. Lors de notre prospection de différents partenaires liés en l’emploi (agriculteur, restaurateur, agence d’intérim, organismes de formation, cadre d’entreprise agroalimentaire …) un discours prédomine : les personnes que nous accompagnons bénéficient de qualités reconnues.
Et oui, bien malheureusement leur parcours de vie n’a fait qu’accroitre leur détermination, forger leur volonté. Ils usent de stratégies de contournement, d’habileté et de courage pour venir se confronter aux difficultés relevant du grand écart (langue, culture, code sociaux…).
Nous sommes bien d’accord que ce constat est totalement subjectif et dénué d’expérience, qu’il sera nécessaire de développer tout un secteur de formation et de qualification afin que chacun puisse évoluer ou consolider son emploi. Mais au terme d’un parcours souvent brutal, violent, déracinant pour ces femmes et ses hommes le bout du tunnel pointe… De réels besoins sont déjà identifiés laissant entrevoir de vraies perspectives en termes « d’employabilité ».
Allons-y !


Mickael VIGUET-OLIVE,
Éducateur au CPH