« Ni d’ici ni d’ailleurs »

L’exil est pour le demandeur d’asile associé à un impossible retour en arrière. L’histoire des demandeurs d’asile est jalonnée de violences, de conflits et de ruptures résultant souvent de causes multiples : politique, économique ou encore familiale. Pour ceux qui ont fui la menace ou la récidive de persécutions, il s’agit souvent d’un départ sans adieu.

L’exil constitue une perte de l’identité familiale, sociale, professionnelle et des repères culturels et affectifs. La difficulté pour les exilés est de faire le deuil symbolique de ce qui fait partie intégrante d’eux : la famille, les amis, une activité ou encore le paysage, la nation, des convictions, des us et coutumes. Un deuil aggravé, pour certains, par la disparition au sens littéral du terme, d’un proche.

A cette perte s’ajoute souvent la culpabilité d’avoir sauvé sa vie, d’avoir abandonné des proches restés au pays … L’expérience de l’exil entraine souvent une souffrance  sur laquelle d’autres souffrances viendront se greffer.

En effet, les demandeurs d’asile vont être contraint d’avancer dans un pays étranger dont ils ne maitrisent ni la langue, ni les rouages et ils vont faire l’expérience difficile de la traversée de la procédure. D’autant plus que le temps présent est vécu comme une parenthèse, un entre-deux incertain, souvent compliqué à assumer au quotidien.

On pourrait considérer que tous les exilés et plus précisément les demandeurs d’asile sont vulnérables mais cela reviendrait à les victimiser alors que la plupart des personnes déracinées sont étonnement résilientes.

Seules un quart des personnes accueillies souffrent d’une pathologie et de troubles de stress post-traumatiques. La majorité éprouve une détresse dite normale face à  l’exil et ses conséquences. Ils sont mélancoliques et tristes, peuvent ressentir un sentiment de colère mêlé à un sentiment de honte et souffrent de troubles du sommeil et d’adaptation.

Autant de symptômes qui semblent compréhensibles et prévisibles et qui s’atténuent avec le temps. Il faut pour cela mettre à disposition des personnes un cadre de vie sécurisant dans lequel elles vont réapprendre à vivre et à être autonome.  Nous pouvons constater que les demandeurs d’asile accueillis, ont dès les premiers instants, une demande sous-jacente de relation et de reconnaissance. L’accueil et l’accompagnement bienveillant doit donc être au cœur de la prise en charge. Mettre la personne dans une position où elle se sent accueillie, reconnue et écoutée aide à réduire les symptômes et reste la meilleure des thérapies. Proposer à la personne des activités qui lui permettront de s’exprimer et de créer du lien reste un facteur d’épanouissement indispensable.

Raison pour laquelle, l’équipe du CADA s’emploie, à mettre en place un accompagnement pluridisciplinaire couplé à de nombreux ateliers occupationnels : atelier de citoyenneté, atelier randonnée, yoga thérapeutique, zumba, football, prévention routière, atelier cuisine…