Une CESF au service de l’AEMO : un accompagnement diversifié.

Le DAJMA, de l’ampoule au bulletin de paye.

Depuis février 2016 je suis impliquée dans la mise en place et le fonctionnement du Dispositif d’Accompagnement Jeunes Majeurs qui s’adresse à des jeunes majeurs de 18 à 21 ans issus de l’Aide Sociale à l’Enfance.

Je les accompagne dans la finalisation de leurs parcours d’autonomie. Mon travail est complémentaire à celui déjà engagé auparavant par les structures d’accueil (AEMO, MECS, placement familial…). J’interviens dans de nombreux domaines (logement, recherche d’emploi, gestion du budget, loisirs).

Mon champ d’action est très large, par exemple dans la même journée, j’ai déjà été amenée  à régler un souci d’ampoule ou bien l’incompréhension d’une fiche de paye. Par exemple, lors d’une visite à domicile, une jeune fille voulait contacter son propriétaire car une ampoule avait grillé. J’ai du lui rappeler ses droits et ses devoirs en tant que locataire.

En fin de journée, un jeune majeur ne comprenait pas pourquoi le montant de son salaire avait baissé. Nous avons relu ensemble son bulletin de salaire, j’ai constaté qu’il avait eu trois jours carences suite à son arrêt maladie.

L’accompagnement est adapté à chacun et prend en compte toutes les questions, aussi minimes soient-elles, de la vie quotidienne.

Une CESF en AEMO ? Une espèce rare !!!

J’accompagne certaines familles qui bénéficient d’une mesure AEMO. Mon intervention consiste à les soutenir dans la recherche d’un logement, la gestion des documents administratifs et le budget.

Ce qui m’intéresse particulièrement c’est le travail que je mène en co-intervention avec l’équipe pluriprofessionnelle (psychologue, puéricultrice, éducateurs). Je constate sur le terrain que nos compétences sont complémentaires, nous les mutualisons pour répondre collectivement aux besoins des familles. Cette co-intervention reste pour moi très enrichissante.

 

Mathilde LALUQUE

 

Témoignage

Le DAJMA : Si j’ai accepté de faire un contrat avec le DAJMA c’est tout simplement parce que j’avais peur d’être lâcher dans la nature sans avoir un accompagnement. Je ne regrette en aucun cas car Mathilde est là pour me conseiller, m’aider dans mes démarches, ou même répondre aux questions que je lui pose et répond toujours à mes besoins. Même si j’ai du mal à donner ma confiance aux personnes Mathilde l’a obtenue. C’est pour cela que lors de nos rendez-vous une fois par semaine je lui parle de tout et j’en profite pour faire ce que je n’arrive pas seule. Exemple : papiers, démarches, ou des questions que je me pose. Je trouve que le DAJMA est un bon accompagnement pour les jeunes dans le besoin alors je n’hésiterais pas à le renouveler si possible. 

Une jeune accompagnée par le DAJMA

L’entretien, un outil du quotidien en service d’A.E.M.O.

Depuis le mois de mars 2018, dans le cadre de ma formation au métier d’éducatrice spécialisée, j’effectue mon stage long au côté des membres de l’équipe du service d’A.E.M.O. de Villeneuve-sur-Lot. Au fil de mes réflexions et par ma prise croissante de responsabilités, j’observe et expérimente différentes pratiques. J’ai choisi aujourd’hui de vous parler des entretiens en vous partageant un extrait de mon Dossier de Pratiques Professionnelles. Ce travail d’écriture et de réflexion par un retour sur soi dans sa pratique propose d’illustrer différentes pratiques à l’aide de vignettes cliniques, de situations et de leurs analyses.

« Au sein de l’A.E.M.O., les entretiens sont pour moi le support d’entrée en relation le plus sollicité. Je pourrais aborder la notion d’accueil et celle de l’écriture comme tiers qui sont étroitement liés à l’outil que représente l’entretien, mais j’ai choisi de me concentrer d’une manière plus générale, sur l’entretien dans le cadre de la visite à domicile. Il s’agit ici pour moi d’une pratique où l’on pénètre finalement dans le quotidien, celui du lieu de vie des personnes, celui que nous partageons le temps de nos visites et celui que j’ai appris à connaître et à identifier au fil de mon stage en service d’A.E.M.O.

L’entretien peut être défini comme une « interaction entre deux individus socialement situés par rapport au monde et l’un par rapport à l’autre [1]». Dans la pratique, en A.E.M.O., il s’agit bien d’un échange, auquel le professionnel prend part, mais celui-ci peut s’effectuer avec une ou plusieurs personnes. En revanche, il est vrai que lorsque nous nous retrouvons en face à face avec les personnes, chacun se construit une représentation de son interlocuteur en fonction notamment des attentes supposées de l’autre. En d’autres termes, l’entretien repose également sur le fait que le professionnel et la personne « se reconnaissent à des places différentes tout en ne niant pas l’asymétrie de celles-ci »[2]. L’asymétrie émergeant du fait que nous pouvons dire que dans un entretien en A.E.M.O., et dans le cadre de mesures dites « judiciaires », l’éducateur spécialisé se retrouve dans une meilleure position que son interlocuteur, (que certains nommeront « partenaire »), le parent, du fait de la situation de danger du ou des enfants au domicile parental, maternel et/ou paternel. En effet, lorsque je suis amenée à intervenir auprès des personnes, je mets en œuvre un mandat, j’agis donc dans le cadre d’une « aide contrainte ». En revanche, ce rapport d’asymétrie n’est pas une fin en soi. Face à la contrainte, la personne concernée ne fait pas que se soumettre, elle peut s’opposer, adhérer, discuter et aussi se défendre. « L’entretien apparaît ainsi comme un espace de négociation, négociation des places, des contenus, des projets [3]».

En visite à domicile, il s’agit de trouver ou de comprendre comment se faire accepter lorsque du fait de la mesure judiciaire, nous sommes imposés, tout en tentant de se distancier de la logique de domination exposée plus haut (même si parfois, certaines stratégies d’action face à des situations ciblées, nécessitent un rappel clair du cadre de notre intervention). Il nous faut construire ensemble un espace qui permet d’engager une ouverture à la parole de chacun et donc, un travail.

« C’est comme si, d’un commun accord, parents et éducateur mettaient d’abord en place les formes d’une visite de voisinage, informelle, sans enjeu, avec café et discussion sur des petits riens, avant de passer à ce que chacun sait être l’objet de la visite car chacun sait que le gros dossier est là. Faire comme si, avant de faire ce qu’il y a à faire, ce « comme ci » transitionnel étant évidemment essentiel pour que l’interaction de fond puisse démarrer.[4]»

 

Anaïs BERREZKALLAL

 

[1]CHAMBOREDON H. et al., S’imposer aux imposants. A propos de quelques obstacles rencontrés par des sociologues débutants dans la pratique et l’usage de l’entretien, https://www.persee.fr/doc/genes_1155-3219_1994_num_16_1_1251, 1 octobre 2018
[2]BOUTANQUOI M. et al., Les entretiens parents/professionnels en protection de l’enfance : construire la confiance, https://www.onpe.gouv.fr/system/files/ao/aot2012.boutanquoi_rf.pdf, 1 octobre 2018
[3]Ibid.
[4]CHOBEAUX F., Quand les éducs vont au domicile. Rencontre avec une équipe d’A.E.M.O., Vie sociale et traitements, 2012/4 n°116, p. 91 à 94. https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2012-4-page-91.htm, 5 mai 2017

Notre Réseau : « LE » Carrefour National de l’Action Éducative en Milieu Ouvert

Le Carrefour fête ses 38 ans. Il organise des Assises chaque année. C’est un énorme travail.

Le GOA (Groupes d’Organisation  des Assises), environ une quarantaine de personnes est chargé de ce travail.

Des Commissions sont créées. 7 en tout : communications, secrétariat, thème, animation, logistique, financière et- soirée festive ! Si, c’est important aussi !!!

Et enfin, l’aboutissement : les 3 jours d’Assises ! Chaque année, un lieu différent. Un véritable tour de France ! Nous avons été membres  du GOA 2017 ( Biarritz)

Nous arrivons en force, en masse, de toutes les régions.

Les thèmes ? Allez, pour vous faire envie, quelques-uns au hasard : «  le projet pour l’enfant ou le paradoxe de l’intermittence », « contrôle social des pauvres ? », » les paradoxes du changement, enjeux ou devoir de l’éducation », et cette année : «  pour une protection universelle et inconditionnelle de l’enfant».

Tout est prêt, asseyons-nous et écoutons, partageons, réagissons.

Eh oui, le CNAEMO n’est pas qu’un lieu où l’on « reçoit » passivement « un savoir » mais un espace de réflexion partagée.

Partage avec les intervenants mais au-delà également partage entre nous, acteurs du terrain, des terrains en fait. Si le « travail » est le même, les réalités territoriales diffèrent.

Nous nous intéressons les uns aux autres,  comparons, mais aucun n’est perdant : de  ce partage, de cet échange sur nos pratiques émerge un sentiment de cohésion. Nous nous reconnaissons « travailleur social en AEMO ». Non, nous ne sommes pas seul à nous sentir, ressentir « isolés » dans notre pratique sur le terrain (malgré les réunions, synthèse, supervision, moments informels dans les couloirs, etc.).

 C’est déjà fini ? Trois jours. C’est si court !!! Mais cela a été si intense que nous sommes malgré tout « vidés ». Nous repartons reboostés, riches des réflexions, des échanges, des débats auxquels nous avons pu participer et les partager avec notre équipe.

Le CNAEMO, vous l’avez compris  n’est pas qu’une instance, c’est aussi une belle aventure humaine  et, eh oui, vous l’avez devinez, laisse une furieuse envie  d’y retourner !

 

Marie-Ange LAMUSSE

Travailler auprès des familles en AEMO

Comme beaucoup d’autres, mais avec ses particularités, la pratique en AEMO est une aventure,  un voyage riche de rencontres, d’histoires singulières, de possibles à accompagner.

Mais une de ses spécificités majeures reste à mes yeux l’action éducative dans ce qu’il est convenu d’appeler « le milieu naturel » de l’enfant, à savoir sa famille et son environnement direct, quotidien.

Cette modalité d’intervention représente la part la plus importante de notre temps de travail, le cœur de nos observations, de nos interactions avec l’enfant et ses proches.

Et ce n’est pas rien…Loin de la protection, du « confort » relatif du lieu institution,  l’exercice ne va pas forcement de soi.

Franchir la porte d’un appartement, d’une maison, c’est s’approcher de l’intime de l’enfant et de sa famille : intimité matérielle d’un quotidien souvent précaire, mais aussi intimité affective, relationnelle, voir psychique d’un vécu où la souffrance de l’enfant est bien souvent le reflet des blessures parentales.

Ce n’est pas évident de trouver sa place et de faire éclore celle de l’intervention éducative dans cet espace de l’autre, son « chez lui », souvent son seul véritable refuge.

Entre intrusion et relation d’aide, le fil est parfois ténu, presque invisible ; et notre présence ne saurait « opérer » par la seule existence du mandat judiciaire.

Ainsi dans un tel contexte, empreint qu’on le veuille ou non d’une certaine violence symbolique, c’est bien de lien qu’il s’agit, de rencontre, de confiance et de respect mutuel. Sans cela, il ne faut pas s’y tromper, aucune porte ne s’ouvrira réellement. Bien qu’à l’intérieur, nous resterons sur le seuil.

Frédéric DISSES

 

Travailler différemment : Le Collectif en AEMO

La question du groupe à l’AEMO ne va pas de soi mais sensibles aux effets bénéfiques que peuvent générer la dynamique de groupe, nous avons proposé des temps sur les mercredis après-midi pour rassembler des adolescents et des enfants autour de supports tels que le photolangage, l’atelier musique et l’atelier piscine. Ces groupes proposés ont pour objectifs de les aider à s’exprimer différemment.

Le photolangage permet de réunir des adolescents autour de sujets tels que les conduites à risques, les violences, l’image de soi, les addictions… Les jeunes sont invités à choisir une photo sur un thème défini en amont et doivent expliquer les raisons de ce choix. L’effet contenant et bienveillant du groupe permet aux jeunes de se livrer sur leurs histoires personnelles qui viennent faire résonnance le plus souvent dans le parcours de chacun.

L’atelier musique permet aux jeunes de travailler sur leur confiance en eux et prendre plaisir à partager ce temps étayé d’instruments de musique. Les mots laissent la place à des airs musicaux ou des chansons leur permettant d’exprimer différemment leurs émotions. (Choix d’une chanson pour partager l’émotion du moment par exemple).

Le groupe piscine a pour projet de faire émerger de la solidarité et de la bienveillance mutuelle, les aider à verbaliser sur leurs ressentis corporels et favoriser le respect de leur corps (prendre soin de soi, hygiène, autonomie…)

Emmanuelle LETEMPLIER

Présentation de l’atelier de lecture de Marmande

Nous avons choisi de proposer à plusieurs enfants bénéficiant d’une prise en charge AEMO de participer à un atelier lecture.

Nous pensons que le livre peut être un support de médiation permettant d’aborder des thèmes de la vie quotidienne en l’adaptant aux enfants.

Le livre est un outil riche de savoir, de culture, qui permet les interactions, les relations avec l’autre, la communication, le développement de l’imaginaire pour l’enfant et de s’ancrer dans la réalité. Il peut apparaître comme un support de médiation permettant de mettre des mots sur des difficultés.

L’atelier lecture de Marmande se déroule en 6 séances (une par mois) de 1 h 30, avec un groupe d’environ 6 enfants.

Nous avons réalisé plusieurs ateliers lecture ; à ce jour, il y a en a eu 5. Nous avons accueilli différentes tranches d’âges, des plus petits aux plus grands, et avec différents niveaux de lecture.

Nous constatons une implication des enfants dans l’atelier, mais également des parents qui accompagnent leur enfant à chaque séance.

Nous avons à cœur de poursuivre cet atelier qui dure depuis plus de 4 ans maintenant.

Actuellement, nous terminons la réalisation d’un livre qui s’intitule « l’amitié à travers le monde », avec des enfants d’une dizaine d’année. La présentation aux parents est prévue le 13 mars 2019. En surprise, chaque enfant recevra un livre du « loup qui voulait découvrir le monde » en souvenir de l’atelier.

                                                                                                                       Pauline SIREY et Marie LAFORGUE

 

L’Infirmière-Puéricultrice dans le service d’AEMO.

Depuis un peu plus de 30 ans, la prise en charge spécifique des enfants de moins de 6 ans dans le service d’AEMO 47 a pu se mettre en place avec   l’intervention du poste d’Infirmière-Puéricultrice.

Plus l’intervention auprès d’un enfant est précoce, plus le travail est efficace pour lui permettre de se construire de façon harmonieuse et équilibrée. Ce travail peut permettre le maintien de l’enfant dans son milieu familial ainsi qu’un soutien à la parentalité.

« Tout se joue avant 6 ans » Dodson Fitzhugh

La particularité de ma place  vient soutenir l’intervention éducative concernant  la santé, le suivi médical (accompagnement à des lieux de soin) la petite enfance, l’hygiène, le soutien à la parentalité, la vie au quotidien (alimentation, sommeil, rythme de vie…), l’orientation vers des  lieux collectifs et accompagnement vers le droit commun tel que la PMI.

Le dépistage précoce des différents signes et  symptômes tant médicaux que psychologiques permet de tenter et d’élaborer un accompagnement personnalisé  pour chaque enfant bénéficiant d’une mesure d’AEMO.

Notre intervention peut permettre à chaque individu et de sa famille d’évoluer de manière la plus autonome possible.

La prise en charge précoce de l’enfant est essentielle dans son  développement.

Patricia FIGUIÉ, Infirmière Puéricultrice

Le travail de Chef de Service en AEMO

Je veux évoquer, au nom de l’ensemble de l’équipe de direction, l’enthousiasme qui nous anime et nous permet d’agir à l’épreuve du quotidien en AEMO.

Le travail en AEMO implique de la part de chaque salarié un investissement et un engagement individuels pour répondre aux missions de PROTECTION DE L’ENFANT qui incombent au service.

C’est notamment vrai pour les cadres de direction (Directeur et Chefs de Service) qui assument leur fonction sur un territoire donné, AGEN, VILLENEUVE, MARMANDE, BOÉ.

Notre équipe de cadres s’attache à inscrire respectueusement et efficacement le professionnalisme de chacun dans une dimension collective, nécessaire, et enrichissante. Les dynamiques d’équipe sont à l’œuvre sur chaque antenne, avec leur lot de ressources et de moyens facilitateurs (locaux tout neuf / proximité du TPE…), et de problèmes à régler (une liste non exhaustive…). Chaque antenne faisant partie du tout que représente LE SERVICE D’AEMO de la SAUVEGARDE 47.

Le collectif se construit par l’institution de temps repérés (réunions hebdomadaires, mensuelles ou annuelles, ou encore exceptionnelles), éducatifs ou administratifs, formels ou informels, sur site ou en lieu emprunté. Il est tout aussi important d’être présent en réunion d’organisation de la semaine que de commémorer le départ de futurs ex-collègues qui auront laissé leur empreinte, en AEMO mais aussi à la SAUVEGARDE.

Le collectif en AEMO se construit notamment par un travail réflexif et formateur (cercles et groupes de travail programmés / espace de formation en interne ou en externe) et par la production de directives, de méthodes, et de procédures pour nos activités.

Le collectif en AEMO se construit par des projets, dont celui qui nous occupe actuellement (entre autres), la mise en perspective du PPE (PROJET POUR L’ENFANT, au vu de sa mise en place par le Conseil Départemental) dans nos pratiques en assistance éducative. Nous avons décidé de questionner nos interventions avec le concours et la participation de parents (sélection des participants parents par tirage au sort, après avoir informé l’ensemble des familles), avec la préoccupation continue d’améliorer nos interventions dans un environnement socio-politique toujours en évolution qui impacte tant nos organisations que l’institution « famille » dans la société.

Le Projet Pour l’Enfant se veut fédérateur pour qu’ensemble, personnes aidantes et famille concernée accomplissent la mission de protection de l’enfant concerné, dans l’environnement qui est le sien.

Notre équipe de direction a à cœur de mener ce travail qui modifie en substance notre rapport aux savoirs (pratiques et théoriques) et poursuit l’objectif de renforcer ou garantir le pouvoir d’agir des parents, eu égard à leurs responsabilités parentales, et des enfants quant à leurs droits et leurs besoins.

Pour nous atteler à la tâche dans cette complexité organisationnelle, il nous faut des solidarités vécues dans notre espace de travail, cela requiert une bonne cohésion d’équipe de direction qui a fait ses preuves.

Catherine Foré – Chef de Service AEMO de Marmande.

Le CADA antenne du Val D’Albret

Le CADA Val d’Albret a ouvert ses portes en septembre 2016, une implantation en terre gasconne qui a débuté dans le courant du premier trimestre 2016 et la présentation du projet aux élus du territoire. Ce travail en amont a permis de construire les bases d’une relation de confiance entre les élus locaux et notre structure,  dans ce cadre,  le CADA antenne Val d’Albret a commencé l’accueil des premières familles, de façon progressive.   Une montée en charge en douceur de l’activité qui a permis aux membres de l’équipe, composée de 4 personnes, de construire des relations de qualité avec les différents acteurs qui composent le maillage particulièrement dense du tissu local néracais.

Ecoles, collèges et lycée, médecins généralistes, associations caritatives, culturelles et sportives, élus, techniciens de mairie, toutes et tous ont été rencontrées par les membres de l’équipe qui ont pu en ces nombreuses occasions informer et expliquer les enjeux de cette nouvelle activité implantée à Nérac. Partout les échanges se sont avérés riches d’écoute et d’intérêt, une attention qui permet aujourd’hui à l’équipe du CADA antenne Val d’Albret d’accompagner les familles en situation de demande d’asile dans de bonnes conditions et avec le soutien des partenaires de terrain.

En effet les missions des CADA se définissent avec la notion d’accompagnement :

  • L’accompagnement à la procédure de demande d’asile,
  • L’accompagnement à la santé,
  • L’accompagnement à la scolarité et plus largement à la construction du lien social,
  • L’accompagnement à la sortie du dispositif.

L’enjeu principal de notre activité est lié à notre première mission d’accompagnement à la procédure de demande d’asile, c’est-à-dire comment permettre à une personne de raconter son histoire, ses blessures (physiques et psychiques), ses craintes et ses peurs dans le but d’obtenir une protection internationale. Ce travail nécessite la mise en œuvre de mécanismes qui vont construire un espace sécure pour la personne. Ses outils ou leviers sont regroupés dans le cadre de nos autres missions qui en  plus de subvenir aux besoins primaires des personnes, permettent d’apaiser leurs maux, d’organiser une mobilisation physique et/ou intellectuelle et finalement de pouvoir créer une relation de confiance indispensable à la réussite de l’accompagnement.

Ainsi la vie du CADA Val d’Albret se trouve rythmée de bien de façons, de moments, de moyens mis à disposition de notre public.

Même si beaucoup de personnes et familles qui arrivent généralement de Bordeaux séjournent assez longtemps à Nérac, il n’en demeure pas moins que lorsque certains s’en vont (soit pour une insertion durable en France, soit pour ne pas avoir obtenu de protection internationale) d’autres arrivent, toujours d’horizons divers, étonnés parfois d’atterrir dans cette sous-préfecture de 7 000 habitants à la lisière des Landes. Passées les premières inquiétudes, elles vont vite découvrir la tranquillité des lieux et la beauté de leur environnement.

Le temps se partage entre vie personnelle, familiale, obligations administratives, vie sociale au contact des habitants et actions collectives au CADA organisées par les membres de l’équipe. La semaine au CADA est assez variée ; les temps de rendez-vous avec le travailleur social chargé de la procédure, les temps consacrés aux rendez-vous médicaux, au suivi de la santé physique et psychologique très souvent accompagnés d’un autre travailleur social, les déplacements à Agen pour rencontrer les spécialistes et apprivoiser les ressources de cette ville plus grande, les temps de mise en relation avec l’école pour les enfants, avec les centres de loisirs pendant les vacances scolaires, et ces temps d’activités au CADA et à l’extérieur avec les personnes chargées de l’animation, bénévoles ou professionnels.

Ces moments, en particulier, viennent combler cette longue attente de la décision de l’OFPRA ou de la CNDA qui occasionne inquiétude et stress. La participation de chacun est forte autour d’un programme varié et très suivi ; les cours de français avec deux niveaux d’apprentissage, différents ateliers sur le thème de l’alimentation, source de convivialité et de partage, les activités manuelles de décoration à l’approche des fêtes de fin d’année, un atelier théâtre pour les parents et les enfants organisé dans des  locaux mis à disposition par la municipalité, les sorties randonnées, source de décontraction, de bonne humeur et d’oubli (pour quelques instants) des préoccupations concernant l’avenir, et enfin les rencontres avec les associations de bénévoles qui avec leur bienveillance apportent une aide et un soutien moral plus que nécessaire.

Ce travail autour de la problématique du « temps suspendu » pour les demandeurs d’asile se trouve renforcé en cette fin d’année 2018, avec notamment la création d’une mission de service civique dans le cadre du soutien de l’accompagnement socio-éducatif et culturel. Une démarche concrète qui va permettre à l’équipe du CADA Val d’Albret de renforcer ses actions et de continuer à répondre aux besoins de nos résidents, un levier majeur pour construire une relation de confiance entre l’équipe de travailleurs sociaux et notre public.

La période d’insertion du réfugié

Au terme de la procédure d’asile, la famille ou la personne qui obtient le statut de réfugié fait l’objet d’un accompagnement sur une période de 3 mois renouvelable une fois. Cette période consiste à aider la personne réfugiée  à réaliser ses démarches d’insertion auprès des différents organismes. Cet accompagnement s’oriente autour de 4 axes :

  • La langue
  • Les droits sociaux
  • Le logement
  • L’emploi.

La langue : Le réfugié est convoqué par l’OFII pour une réunion d’accueil obligatoire afin d’évaluer son niveau en langue française (référence au niveau A1 du CECRL), évaluer leur besoin dans le cadre du contrat d’intégration républicain (principes et valeurs de la république Française, vivre et accéder à l’emploi en France et formation linguistique).  En fonction de son niveau linguistique, la personne est orientée vers des structures assurant une formation en français de 200h, 100h ou 50h.

Il conclut avec l’État un contrat d’intégration républicain par lequel il s’engage à suivre les formations prescrites suite à l’entretien individuel et personnalisé avec  l’auditeur de l’OFII.

Administrations : Accompagnement de la personne pour réaliser ses démarches auprès de la :

  • Préfecture : demande de son titre de séjour (10 ans réfugié, 4 ans protection subsidiaire)
  • CAF : constitution des dossiers pour ouvertures des droits RSA, prestations familiales (s’il y a lieu), allocation logement…
  • CPAM : aide à la constitution du dossier de renouvellement de leurs droits CMU–C

Logement : En fonction du projet de la personne et du choix de son lieu de vie, la personne est accompagnée pour réaliser :

– Constitution des dossiers offices HLM sur le département 47,

– Présentation aux partenaires : IML pour une recherche de logement dans le secteur privée et accompagnement sur 6 mois renouvelable (bail glissant) ou Centre Provisoire d’Hébergement, accompagnement de 9 mois

– Mise en relation avec une assistante sociale de secteur pour assurer le relais lors de la sortie de la structure du CADA,

  • En dehors du département, la personne est accompagnée dans ses recherches d’informations sur les structures existantes adaptées à leur choix et orientation.

L’emploi : Inscription à pôle emploi ou mission locale et accompagnement vers la structure afin de cibler au mieux avec le conseiller les objectifs professionnels de la personne. De lui  permettre de maîtriser le monde du travail, de développer sa capacité à construire un projet professionnel et également de valoriser ses compétences professionnelles.

Le processus d’intégration est une démarche active de la personne.

L’accompagnement à l’insertion c’est aussi, aider la personne à se reconstruire petit à petit, reprendre sa vie en main, s’installer, appréhender de nouveaux repères dans un environnement étranger.