Formation: Parcours de sortie de la prostitution et d’Insertion sociale et professionnelle

Cette formation s’est déroulée au Pôle prostitution du CEID à Bordeaux les 11 et 12 décembre 2018 et une 3éme journée aura lieu le 29 janvier 2019. Elle a été suivi par un juriste de France Victimes 47.

Le CEID Addiction (Comité d’Étude et d’Information sur la drogue et les Addictions) a le souci d’intervenir auprès des personnes ayant une activité prostitutionnelle, afin de les accompagner sur un parcours de sortie.

Les Objectifs de cette formation :

  • Faciliter l’accès à la prévention des risques infectieux (IST, VIH, hépatites, etc.)
  • Faciliter l’accès aux soins.
  • Créer et maintenir du lien social et sanitaire.
  • Accompagner les personnes victimes de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et/ou de proxénétisme, proposer une prise en charge dont la finalité est la sortie de la prostitution.
  • Proposer des formations sur le thème des personnes en situation de prostitution afin de prévenir et lutter contre les discriminations dont elles pourraient faire l’objet.
  • Avoir un rôle d’observatoire sur les diverses situations de prostitution.

Pour aider une personne à sortir du milieu de la prostitution, il convient de la rencontrer dans son histoire, son contexte social et culturel, qu’elle se sente en sécurité par rapport aux contraintes et aux menaces, qu’elle soit en capacité de prendre soin d’elle-même et de sa santé, qu’elle soit décidée à ne plus se prostituer,  qu’elle soit stabilisée administrativement et autonome vis-à-vis des règles qui s’imposent, qu’elle soit stabilisée dans un logement et financièrement, cela crée du lien social ; qu’elle soit actrice  dans un environnement donné et ne se prostitue plus.

Ce parcours de sortie de la prostitution et d’insertion sociale et professionnelle est formalisé dans un document élaboré par l’association et la personne concernée. Il retrace, d’une part, l’ensemble des actions prévues au bénéfice de la personne et, d’autre part, ses engagements à respecter les objectifs du parcours et son suivi.

Le service CAO-HUDA

Ah mince ! J’avais oublié, écrire pour la newsletter, c’est le tour du CAO-HUDA-CPH. Ma directrice m’a convaincu que c’était un exercice intéressant : « expliquer en quelques lignes aux personnes extérieures le travail que nous faisons » !
Le CAO -HUDA accueillent des migrants. Des migrants ? Des réfugiés ? des demandeurs d’asile ? c’est vrai qu’ils perçoivent de l’argent ? On m’a dit qu’ils touchent 2000 euros ! C’est vrai qu’à peine arrivés, ils ont les papiers ? C’est le genre de questions que nous entendons tous !
Demandeur d’Asile, c’est le statut des personnes pendant la procédure.
Le service du CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation) et de l’HUDA (Hébergement d’urgence des demandeurs d’asile) est composé d’une équipe 5 salariés aux compétences variées et complémentaires (sans prétention) . Nous disposons de 60 places en CAO et 21 places en HUDA.
Les travailleurs sociaux sont chargés du suivi des procédures liées à la demande d’asile, au règlement de la situation administrative et de l’accompagnement social et médical.
Nous évaluons la situation administrative des personnes, accompagnons les personnes dans leur demande d’asile, orientons les personnes vers les structures de soins, l’apprentissage du français, l’accompagnement social et préparons la sortie. Les demandeurs d’asile sont hébergés en collectif dans différents appartements de la ville d’Agen et de l’Agglomération et ils perçoivent environ 204 euros par mois pour se nourrir, se vêtir notamment. A ce jour nous accueillons une vingtaine de nationalités et essentiellement des hommes isolés.

La procédure de demande d’asile

Les personnes ont tout abandonné, laissant derrière eux pour la majorité leur famille. Elle arrive en France pour demander l’asile. Qu’est ce que la demande d’asile ? Un petit schéma ?
Travailler au CAO, HUDA, ce sont des rencontres avec des personnes de pays différents, de continents différents et il nous appartient chaque jour de les accompagner dans ce système complexe de demande d’asile ou du règlement d’une situation administrative. Il nous appartient également de connaitre leur culture, leur histoire, de partager un « bout de chemin ensemble » et c’est toute la richesse du travail auprès des personnes migrantes.

Omar TAHRAOUI,
Éducateur CAO-HUDA

3 mois… 6 mois… 1 an … où plus… Attendre… attendre… attendre…

Et puis, un jour un avis de passage dans la boite aux lettres signale « LE RECOMMANDE « , celui qu’ils ont hâte à aller chercher sans encore savoir mais où tout va changer : Soit la réponse de la demande de protection est un rejet, elle peut venir de l’OFPRA et dans ce cas ils peuvent contester la décision et accéder à une nouvelle chance auprès de la CNDA. Si dans un second temps la réponse est un rejet de la demande de protection par la CNDA alors c’est terminé.
Dans cette situation, leur hébergement est prolongé jusqu’à un mois et ils doivent quitter le dispositif du CAO-HUDA. Ils peuvent faire une demande d’aide au retour volontaire mais peu le font.
Soit la demande de protection est accordée, par l’OFPRA ou la CNDA et là :

BIENVENUE EN FRANCE !

L’hébergement et l’accompagnement sont prolongés jusqu’à trois mois avec la possibilité de demander le renouvellement une fois avec l’accord de l’OFII.

Durant cette période, nous axons le travail vers le processus d’intégration.
Souvent, après une longue attente cette réponse est le déclencheur d’un apprentissage plus assidu de la langue française. Des bénévoles viennent donner des cours dans le service et les personnes accèdent aux cours donnés dans les différentes associations.
Pour tous, du temps reste encore nécessaire pour intégrer les différentes administrations françaises et leurs fonctionnements.
Très peu sont en capacité, du fait de leur compréhension de la langue d’accéder à un travail aussi rapidement ; cependant certains trouvent de petits travaux agricoles ou de petits contrats de manutention.
L’accès aux droits communs leur est possible, pour les plus de 25 ans nous ouvrons les droits au RSA suivit dans le cadre de l’intégration sociale. Ce revenu minimum leur permet d’accéder au logement. Nous travaillons en partenariat avec le Service d’Intermédiation Locative de l’association SOLINCITE.

Un grand nombre de ces personnes s’installent dans la ville d’Agen dans un premier temps afin de stabiliser leur situation administrative et d’accomplir les contenus de leur contrat d’insertion (formation linguistique, formation civique) mais ils n’y restent pas. Ils partent vivre dans les grandes villes espérant y trouver plus facilement du travail mais aussi des connaissances, leur communauté.
Pour les moins de 25 ans, c’est plus compliqué ! A ce jour il n’existe pas dans les droits communs des aides matérielles qui leur permettraient de pouvoir s’installer et survivre à minima afin de prendre le temps d’être prêt à accéder au travail. Nous faisons des demandes d’orientation pour ces jeunes soit vers les CPH (Centre Provisoire d’Hébergement); soit vers les CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) qui accueillent les personnes en grande difficulté.
Pour toutes les personnes de plus ou de moins de 25 ans qui n’obtiennent pas une orientation ou ne trouvent pas de solution d’hébergement avant la date butoir de sortie, alors il reste le 115 (hébergement d’urgence).

Bon voilà ! Tout cela semble bien simple mais, lorsque l’on vient des montagnes du Tibet, de l’ Afghanistan, du Soudan, de l’Éthiopie, de l’
l’Érythrée, de Somalie  ou des pays de l’Est , il n’est pas simple de s’inscrire dans notre démocratie, il est courageux de se re- construire avec de nouveaux codes culturels et  recommencer à vivre .

Claudine Bernard,
Éducatrice au CAO-HUDA


« L’employabilité ! »

Voici quelques mois que le CPH vient d’ouvrir ses portes. Parmi nos différentes missions liées à l’accompagnement des personnes que nous accueillons, l’insertion professionnelle représente un véritable enjeu. Au même titre que l’apprentissage de la langue, la compréhension du fonctionnement de notre société ou l’obtention d’un logement, c’est un incontournable pour tendre vers une « inclusion » réussie (insertion ou intégration selon les générations !).
Nous avons 9 mois pour « finaliser » leur parcours d’intégration, débuté depuis leur demande d’asile. En recherchant brièvement « la » dernière définition de l’employabilité (dernier mot à la mode) je suis tombé sur celle-ci : « c’est la capacité relative que possède chaque individu d’obtenir un emploi satisfaisant compte tenu de l’interaction entre ses caractéristiques propres et le marché de l’emploi »
Autant dire un véritable challenge pour le public que nous accueillons ou même qui que ce soit notamment dans le contexte actuel où les lexiques les plus utilisé usent d’inlassables formules : « chômage », « précarité », « vague de migrants », « montée des extrêmes », …
Mais après une longue expérience de 2 mois dans ce service (et oui déjà), l’espoir subsiste, notamment chez les utopistes. Lors de notre prospection de différents partenaires liés en l’emploi (agriculteur, restaurateur, agence d’intérim, organismes de formation, cadre d’entreprise agroalimentaire …) un discours prédomine : les personnes que nous accompagnons bénéficient de qualités reconnues.
Et oui, bien malheureusement leur parcours de vie n’a fait qu’accroitre leur détermination, forger leur volonté. Ils usent de stratégies de contournement, d’habileté et de courage pour venir se confronter aux difficultés relevant du grand écart (langue, culture, code sociaux…).
Nous sommes bien d’accord que ce constat est totalement subjectif et dénué d’expérience, qu’il sera nécessaire de développer tout un secteur de formation et de qualification afin que chacun puisse évoluer ou consolider son emploi. Mais au terme d’un parcours souvent brutal, violent, déracinant pour ces femmes et ses hommes le bout du tunnel pointe… De réels besoins sont déjà identifiés laissant entrevoir de vraies perspectives en termes « d’employabilité ».
Allons-y !


Mickael VIGUET-OLIVE,
Éducateur au CPH

Le CPH: Centre d’Accueil Provisoire

L’équipe du CPH, ce sont des travailleurs sociaux, une secrétaire, une directrice, un chef de service, un agent polyvalent et des bénévoles. Toute petite équipe pour travailler avec le monde entier! Et oui, parce que les personnes accueillies n’ont de commun que ce petit bout de papier, titre de séjour, qui leur octroie le droit de rester sur le territoire. Pour le reste, ce sont des hommes, des femmes et des enfants au parcours de vie, au projet, à la langue, unique. Leur seul point commun est ce fulgurant désir de vivre, bien que cabosses parfois par un parcours douloureux. Parce qu’une intégration réussie, nous le croyons, passe avant tout par un accueil chaleureux et de qualité, par le respect de ce qu’ils sont et de ce qu’ils veulent devenir.

Concrètement le CPH, c’est l’énergie d’une équipe tout neuve à favoriser en 9mois l’apprentissage du français, s’assurer de l’accès des usagers aux soins,au logement et de permettre une insertion professionnelle et sociale.
Nous les accueillons au CPH, mais eux nous accueillent dans leur vie, nous leur offrons un logement mais eux nous offrent l’espoir de pouvoir croire en la résilience, en la vie.
Depuis leur arrivée et souvent après un long et douloureux voyage, après plusieurs mois à travailler la procédure d’asile, le CPH est le premier endroit où on peut se poser, plus serein. Se poser oui, mais pas trop longtemps. 9mois, c’est court pour « s’intégrer ». Acquérir la langue, connaitre la culture et prendre ses repères. Mais 9 mois, c’est suffisant pour se sentir accueilli, respecté. Il n’est pas question de leur faire oublier leur histoire, leur culture. Mais bien de leur expliquer la notre. L’intégration, ce n’est pas l’oubli de nos racines. C’est la volonté de comprendre la culture et le fonctionnement du pays d’accueil. Et pour comprendre, il faut qu’on nous les transmette…

Aujourd’hui le CPH c’est 36 personnes, autant d’histoires, 16 nationalités et presque autant de langues, dialectes et coutumes.
Chacune de ces cultures a sa force, ses trésors.

Les premiers usagers à bénéficier de l’orientation au CPH ont été une rencontre inattendue.
Ces hommes, arrivés du bout du monde, à 7500 km du pays du rugby et des pruneaux, d’une région où les yourtes remplacent les maisons, ou les yacks paissent dans les près, ont joliment décoré leurs fenêtres de petits tissus colorés et n’aspirent qu’à la paix… et pourtant, c’est la répression qu’ils ont fuit, l’enfer induit par une dictature qui ne leur permet plus de vivre par delà leurs montagnes, ni de pouvoir librement pratiquer leur religion. Hommes respectueux, droits, n’ayant pour demande que celle de retrouver leurs familles et de vivre en paix, dans notre pays qui prône la liberté, l’égalité, la fraternité.
Aujourd’hui rédactrice de mon premier article journalistique sans prétention, c’est avec émotion que je veux leur dédier ces quelques lignes et évoquer ce drame qui touche ce petit coin du monde, inaccessible aux vrais journalistes, le Tibet.
Je nous souhaite encore d’autres belles rencontres…

Marie SAVIGNY,
Éducatrice au CPH


Et la Santé au CAO – HUDA ?

Shëndetësor, روغتیا, 건강, الصحة,

« Dans mon pays tu crèves….si t’as pas d’argent pour te soigner.
Qu’on me donne ici un papier pour me soigner…..ça m’a beaucoup touché »

Dès leur accueil, nous demandons aux personnes si elles ont des problèmes de santé. Oh que oui ! Mal au corps, mal à l’âme …
Dans le cadre de l’accompagnement Santé, nous orientons toutes les personnes vers le Bilan de Santé à Boé. A la suite de l’examen les résultats sont expliqués dans leur langue via de l’interprétariat afin qu’ils soient au courant des analyses faites et des suites à donner.
Une consultation avec la P.A.S.S Mobile (Permanence d’accès aux soins de santé) est programmée afin d’assurer les soins d’urgence dans l’attente, le plus souvent de l’ouverture des droits à la santé. Certaines personnes souffrent de maladies graves telles que le VIH, les Hépatites qui nécessitent une prise en charge et un suivi médical important.
Les troubles psychiques sont évalués par l’E.M.P.P (équipe mobile psychiatrie précarité) Les souffrances sont parfois importantes, et une orientation est réalisée vers le C.M.P (centre médico psychologique pour adulte Antonin Artaud).
Qu’il est difficile d’accéder aux soins ! Obtenir un RDV dans des délais raisonnables voire de ne pas obtenir de RDV car certains praticiens ne prennent pas de nouveaux patients, un challenge pour notre équipe !
Tout ce parcours, d’accompagnement à la santé nous permet d’établir une relation de confiance, de rapprochement de ces personnes complétement isolées et démunies. Le partenariat avec la P.A.S.S, l’ E.M.P.P, le centre de santé, les CMS permet aux personnes d’accéder à un doit fondamental, celui du soin. Ces différends partenaires garantissent ce droit.

Géraldine MASSONNE,
Éducatrice CAO-HUDA

Prise en charge atypique pour enfants en mal de soins

L’UPAES est régulièrement confronté à la difficulté pour les assistants familiaux d’accueillir ces enfants « patates chaudes », « atypiques », « incasables », « difficiles », bref, ceux qui ne trouvent pas leur place dans un lien social qu’ils vivent comme dangereux.

Nous sommes depuis quelques années dans l’obligation de faire appel à de nouveaux partenaires pour ne pas que l’accueil de ces enfants repose sur les seules épaules des assistants familiaux. D’autant que la complexité de la vie quotidienne avec eux les met rapidement sur « liste noire » et que les relais chez d’autres assistants familiaux deviennent difficiles à trouver.

Nous nous dotons également de nouveaux moyens. Les Ateliers d’Adèle (groupe d’activités manuelles mères-enfants, animée par une intervenante extérieure) qui fonctionnent maintenant depuis plusieurs années sur le service d’Agen ne sont plus à présenter, ni les ateliers Montessori pour les enfants en panne scolairement. Entre autres expérimentations, nous accueillons depuis le mois d’avril dernier une Technicien de l’intervention sociale et familiale dans notre équipe agenaise. Celle-ci permet de soutenir le travail auprès des familles. Nous faisons également appel à une intervenante en médiation animale pour proposer un travail individuel à ces enfants difficiles, dont les prises en charge dans les services de soins sont morcelées du fait du manque de place dans les institutions.

 

Laure DE BORTOLI, Psychologue

Les temps de formation

L’implication importante que le travail en service de placement familial demande à tous ceux qui participent à l’accompagnement des enfants dont nous avons la responsabilité, nécessite parfois d’ouvrir une fenêtre de respiration.

L’UPAES soutient très fortement les temps de formation afin de favoriser cette nécessaire prise de recul dans notre travail.

Ces formations peuvent avoir lieu en son sein, en 2014, la projection au cinéma Les Montreurs d’Images du film « A ciel ouvert » de Mariana OTERO, en 2015 l’intervention de Mr Guy Hardy sur « L’aide sous contrainte », en 2016 la venue de Mme Hélène DELTOMBE pour nous parler des « Questions posées par l’adolescence » et enfin en 2017 la journée de conférence animée par les membres du Réseau d’Intervenants en Accueil Familial d’Enfants à Dimension Thérapeutiques pour évoquer avec nous « La complexité de l’accueil familial ».

Elles peuvent également avoir lieu à l’extérieur du service, ainsi le 3 octobre quatre courageux sont partis à l’autre bout de la France pour assister au 27èmes Journée Nationales d’Etudes de l’ANPF à Saint-Malo. Sous le titre « Entre grand large et parcours côtiers : le placement familial peut-il répondre à tout ? » les intervenants ont dressé un état des lieux de la protection de l’enfance. Le constat est le suivant : l’hôpital psychiatrique n’ayant plus les ressources financières suffisantes, il revient au social de reprendre le flambeau. A chaque département de permettre aux services de protection de l’enfance d’innover afin de répondre aux besoins des enfants dont la place en psychiatrie ou en institution n’est plus assurée. Une table ronde « Prestations novatrices et fonctionnements adaptés en familles d’accueil » nous a permis d’entendre les acteurs de ces expériences décalées, qu’ils soient paysans, éducateur familial, éducateur en libéral ou infirmiers psychiatriques.

Ces deux journées se sont conclues sur les paroles d’une assistante familiale : « La création, l’invention, c’est notre bouée de sauvetage ».

 

Laure DE BORTOLI, Psychologue

 

Documents à télécharger :

MPM BLACHAIS – Une prise en compte des besoins fondamentaux ST-MALO 2018

G AVENARD – Besoins et droits de l’enfant en situation de handicap – ST MALO 2018

C SELLENET – Loi 2016 un changement majeur – ST-MALO 2018

JL NOUVEL – Faire équipage pour soutenir le développement de l’enfant – ST-MALO 2018

S EUILLET – Conceptions et pratiques de l’accompagnement – ST-MALO 2018

F FABRY- Quel sera le travailleur social de demain ? – ST-MALO 2018

 

Journée de fête à « Rogé »

Commençons par un premier constat : à quelques rares exceptions près, l’immense majorité des enfants accueillis à l’UPAES sont placés par le Juge des Enfants. C’est donc une mesure d’assistance éducative contrainte, pour laquelle l’équipe pluridisciplinaire cherche à obtenir une adhésion, tant de la part de l’enfant confié, que de sa famille. D’une mesure subie, l’objectif est de passer à une mesure comprise, voire acceptée. C’est un travail complexe et de longue haleine.

Chaque enfant confié au service vit dans sa famille d’accueil, accompagné par son éducateur référent dans son projet, dans le cadre instauré par l’ordonnance du magistrat. Le service représente symboliquement un tiers entre la famille de l’enfant et sa famille d’accueil. L’enfant peut s’y rendre pour un entretien avec son éducatrice, un suivi psychologique, un droit de visite avec ses parents, plus rarement pour un recadrage en cas de débordement.

Ce qui rassemble en premier lieu les enfants à l’UPAES, c’est cette condition souvent subie et douloureuse, puis parfois progressivement acceptée, d’enfants placés par la justice. Ceci parce que leur santé, leur sécurité ou leur moralité sont en danger, ou parce que les conditions de leur éducation ou de leur développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises. (Art. 375 du code civil).

Comment donc permettre aux enfants de se décaler, ne serait-ce qu’un moment, de cette condition d’enfant éloigné de sa famille et accueilli dans une autre dont c’est le métier ? Comment dédramatiser et véhiculer l’idée que le service, au-delà de son rôle de tiers garantissant le cadre institutionnel et judiciaire, puisse être aussi le lieu symbolique où se déroulent des moments agréables, conviviaux, festifs ?

Après une première expérimentation fructueuse le 20 septembre 2017 à Gavaudun, l’antenne de l’UPAES de Villeneuve a réitéré l’idée d’une journée de fête institutionnelle à Rogé le 4 juillet 2018. Par une belle journée ensoleillée, au programme, des Olympiades, entrecoupées d’une auberge espagnole. Les équipes, constituées d’enfants, d’éducateurs, d’assistants familiaux, du personnel administratif, se sont essayé au jeu du Molki, Kim Goût, Kim vu, tir à la corde, marche de l’œuf, course en sac et ventriglisse.

L’objectif ? Être ensemble, passer un agréable moment où une saine émulation a amené chacun à donner le meilleur de soi, dans une ambiance festive. Une centaine de personnes étaient réunies et les rires des enfants comme des adultes ont ponctué la journée. A l’issue, la participation de chacun a été récompensée par des pinatas remplies de petits cadeaux. Cela a été aussi l’occasion de faire la fête pour Isabelle, notre secrétaire, en départ vers une retraite bien méritée, après 44 années au service de l’association.

Pour conclure, un grand bravo aux enfants, petits et grands, qui ont permis que cette journée soit si réussie. Un grand merci aux assistants familiaux qui se sont prêtés au jeu avec un enthousiasme réel, sans parler de l’auberge espagnole qui a nécessité beaucoup de travail. Et pour finir un grand bravo à l’équipe éducative et à Virginie qui ont œuvré à une préparation de longue haleine, avec un engagement, un enthousiasme et une motivation communicatifs.

L’idée se confirme donc : au-delà de l’accompagnement du quotidien en famille d’accueil, du suivi effectué par les éducatrices, la dimension symbolique du service se retrouve dans ses actions collectives à l’échelle institutionnelle. Être accueilli à l’UPAES, c’est bien sûr être un enfant placé en famille d’accueil et éloigné pour plus ou moins longtemps de sa famille au quotidien. Mais c’est aussi parfois la possibilité d’être rassemblés pour vivre collectivement de bons moments entre enfants et adultes. Et de dépasser un instant, sans pour autant l’occulter, cette situation de placement.

Guilhem GIRONCE, Chef de Service PF Villeneuve-sur-Lot

Projection sur ” l’atelier théâtre”.

Le passage de l’adolescence est pour tout un chacun souvent difficile. Pour certains jeunes accueillis à l’UPAES, avec leur expérience du placement, l’équipe observe des difficultés parfois plus importantes dans la capacité à s’affirmer, à verbaliser ses émotions, à comprendre ses ressentis, à s’inscrire dans un groupe. Une faible estime de soi et un manque de confiance en soi et/ou en l’autre participent de ces difficultés.

L’atelier théâtre va permettre aux  jeunes, dans un espace de médiation éducative, de répondre à ces besoins. Créer une dynamique de groupe, travailler la question de la confiance et de l’estime de soi, apprendre à s’affirmer, être valorisé sont les objectifs poursuivis.

Lors des périodes de vacances scolaires, au fil de l’année, deux jours seront consacrés à cet atelier sous forme de stages, encadrés par un intermittent du spectacle et deux éducatrices à l’origine du projet. Onze jeunes volontaires participeront. La mairie de Bias prête gracieusement son espace multifonctionnel et nous l’en remercions.

A l’issue, et en fonction de la volonté des jeunes, un mini spectacle, en petit comité, pourra être organisé. Ça n’est pas une fin en soi, mais cela pourrait représenter une forme d’accomplissement.

 

Assises de la protection de l’enfance

Les 28 et le 29 juin 2018, quelques salariés de la sauvegarde ont pu participer aux 11ème assisses de la protection de l’enfance qui ont eu lieu à Nantes. Le thème de ces deux journées était : « Dans la famille je protège l’enfant, je voudrais tous ceux qui répondent à ses enfants »

Plusieurs  articles évoquent ces rencontres, vous trouverez les liens ci-dessous.

https://dubasque.org/2018/07/02/assises-de-la-protection-de-lenfance-bilan-en-demi-teinte-malgre-de-belles-rencontres/

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes-protection-de-l-enfance-tension-et-innovation-5852403

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/loire-atlantique-la-protection-de-l-enfance-sous-haute-tension-5832086

https://www.sosve.org/actualites/11eme-edition-assises-nationales-de-protection-de-lenfance-a-nantes/.

Nous avons pu à l’occasion de ces échanges découvrir des exemples de nouvelles pratiques innovantes en lien avec les différentes reformes de la protection de l’enfance de ces dernières années.

Vous trouverez  ci-dessous deux articles. Le premier pose le contexte dans lequel le travail social a évolué. Dans le second vous trouverez un article sur une nouvelle technique d’intervention venue du Québec et qui se développe de plus en plus en France : « l’approche médiation ». Cette approche permet  d’inclure les familles dans le travail d’accompagnement en utilisant des techniques de médiation familiale adaptées aux missions de protection de l’enfance. Enfin vous pourrez lire quelques lignes sur les pratiques de certains services favorisants la participation des bénéficiaires.

Soutien à la parentalité : construire des nouvelles alliances qui peuvent changer la donne.

Dans les années 80, il y a eu un changement dans le rapport avec les familles en lien avec des études (cf. Myriam DAVID le mal du placement) et les éléments économiques. De ce fait les pratiques sont passées de la substitution à la suppléance, il est désormais important de regarder où sont les potentiels des familles.

Depuis la loi de 2002, la prise en compte des droits des usagers n’a cessé d’être réaffirmée dans les textes législatifs, et de devenir une réalité incontournable pour tous les acteurs du champ social, sanitaire et familial. La philosophie de ces textes de référence est de restituer aux usagers leurs droits fondamentaux à être écoutés, entendus, pris en compte dans leur attentes et leurs besoins, d’être respectés dans leurs choix ou leurs refus. Dès lors il s’agit pour les intervenants de les impliquer activement, construire des projets avec eux puis mettre en place des actions concertées. Cela nécessite pour tous les professionnels de l’accompagnement des changements dans leur manière d’être, d’agir, de dire et de questionner leur posture professionnelle.

Si nous envisageons un placement pour protéger l’enfant de sa famille, celle-ci ne peut pas être un partenaire.

Ce changement de cap a pu être légiféré à travers les lois de 2002 ; loi 2005 sur le handicap ; loi 2007 et 2016 pour le secteur de la protection de l’enfance.

« Ce que tu fais sans moi et pour moi est contre moi » Gandhi

Au niveau sémantique, la dénomination a également changé bénéficiaires ->  usagers -> personnes accueillies.

On distingue plusieurs niveaux dans la participation :

– informer : indique à la personne ce  qu’on va faire pour elle.

– consulter : on lui demande son avis

– co-construction : la personne peut faire des propositions pour sa situation

La loi de 2016 demande à ce que tous les Conseil Départementaux mettent en place le Projet Personnalisé de l’enfant. Or ce PPE n’est pas encore mis en place et peine à l’être car il n’y a pas de  « mode d’emploi ». De plus la demande de participation des usagers peine à se mettre en place. Peu d’institutions associent les familles aux synthèses. Les usagers eux-mêmes peuvent dirent « ça sert à rien » « je me sens manipulé ».

Dans notre pratique il est important de ne pas partir du « toxique » mais plutôt des compétences. Ces compétences peuvent être activées par plusieurs leviers :

– le lien d’attachement parents/enfants

– le lien Transgénérationnel (expérience d’avoir été enfant)

– le contexte relationnel (famille élargie, soutien extérieur)

Ex : au lieu de pointer les carences des parents et leurs dysfonctionnements il s’agit plutôt de les questionner sur « quel besoin à votre enfant ? », « pensez-vous qu’aujourd’hui vous êtes en mesure de répondre à ce besoin ? » « Comment pourriez-vous faire pour répondre mieux à ce besoin ? »

Il est important d’évaluer avec le parent où ils en sont et vers quoi nous pouvons les aider.

De cette manière le parent se raconte et de ce fait accède à une responsabilité. (cf. Identité Narrative de Paul. Ricoeur)

La question de l’aide contrainte doit être abordée et travaillée dès le départ et avant toute autre intervention éducative. Tant que les parents n’ont pas compris la raison de l’intervention (ou du placement) les aides proposées ne seront pas effectives.

Technique d’intervention : l’Approche médiation.

source: https://sites.google.com/site/michelesavourey/

L’intervention Québécoise basée sur les technique de médiation, ou l’on part sur un postulat positif, ou l’on considère que toute personne a des bonnes raisons d’agir, de réagir et a un sens pour la personne et doit être pris en compte pour trouver des solutions. Cette pratique donne lieu à de l’écoute empathique.
Cette approche propose trois grands changements :

– de regard : considère la personne plus que le problème

– de posture faire pour > faire avec

– de pratique  avec une méthodologie différente.

L’évaluation se fait avec le parent : le point de départ est l’état de l’enfant. Le parent et l’intervenant repèrent ensemble les besoins insuffisants et insatisfaits qui menacent la sécurité de l’enfant. La démarche nécessite de faire la différence entre un besoin et une demande et avancer par petits objectifs. Cette démarche est essentiellement participative. Exemple d’intervention axée sur l’approche médiation avec des parents séparés en conflit et ayant des répercussions sur leurs enfants : « seriez-vous d’accord pour réfléchir ensemble, quel que soit le degré de votre conflit, pour trouver des solutions pour protéger votre enfant de votre conflit ?

L’approche médiation « renforce l’implication des personnes concernées dans la résolution de leurs difficultés. Elle offre aux acteurs sociaux, mandatés ou non, une méthodologie rigoureuse, inspirée de la médiation familiale, incluant une prise en compte de chacun dans un esprit de collaboration. Elle leur propose des moyens concrets pour accroître leur capacité de gestion et de dépassement des conflits. Elle augmente leur sentiment d’efficience professionnelle. Elle ouvre pour tous de nouveaux possibles ».

Cette pratique permet notamment de transformer une situation de contrainte de travail, en collaboration. Elle assure un mandat de protection et intervient là où en sont les familles.

Le processus peut se résumer en cinq étapes : source cairn.info

En protection de l’enfance, comme habituellement, il appartient à l’intervenant de fixer en premier lieu, s’il est en début d’intervention, le motif et les objectifs de sa mission de la façon la plus concrète possible.

Ensuite, il écoute les intéressés afin que leur propre parole soit réellement prise en compte : leur évaluation de la situation, leurs tentatives antérieures, leurs attentes éventuelles (ils peuvent ne pas en avoir puisqu’il s’agit d’intervention sous contrainte).

  1. La première étape c’est l’accueil. L’accueil du désordre, car lorsqu’il y a conflit tout est mélangé : notre vision de ce qui pose problème et de tout ce qui s’y rattache, ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas, la faute à qui, tout ce qui ne va pas, les émotions, ce qu’on a déjà tenté…

À la fin de cette étape le médiateur doit être capable de proposer une reformulation globale de la situation-problème qui recueille l’assentiment de tous. Elle doit inclure les perceptions et les opinions de chacun sans jugement et être la plus concise possible.

Ce premier pas permet d’apaiser les tensions car chacun s’est senti écouté, entendu et repris dans la formulation finale qui devient une formulation commune à tous. L’escalade habituelle en situation de conflits, de tensions est stoppée. Rien n’est solutionné, mais ensemble nous sommes prêts à partir dans une autre direction…

À l’issue de cette étape, il est possible de synthétiser pour qui la situation est problématique (services sociaux et/ou famille ?) En quoi ? En utilisant des termes accessibles et des critères objectivables et présenter aux intéressés l’ensemble de la démarche.

  1. La deuxième étape c’est le décodage des besoins. Elle est fondamentale pour le processus.

L’objectif de cette deuxième étape sera de clarifier pour chacun les besoins profonds en jeu dans le litige. Nos « vrais » besoins se cachent sous nos émotions, nos perceptions, nos opinions, nos récriminations, nos agressions. Le besoin est différent du désir, de la demande ou même d’un intérêt. Il renvoie au nécessaire, à l’indispensable pour vivre et se sentir en vie. Il renvoie davantage à « l’être » qu’à « l’avoir ». Ces besoins fondamentaux sont notamment décrits par la pyramide de Maslow

L’intervenant va donc aider chacun à clarifier ses propres besoins en utilisant l’écoute active, la reformulation. Les besoins des personnes sont validés par les intéressés eux-mêmes. Ils ne sont ni induits, ni le résultat d’interprétations. Le postulat de départ est  que nous avons tous la capacité de nommer nos besoins, même en situation difficile, si nous recevons un accompagnement approprié. Il n’y a pas nécessité que chacun comprenne les besoins des autres, juste les entendre et les prendre en compte.

À l’issue de cette phase, les revendications de droits, les plaintes, les demandes, les peurs, les rapports de force, de menaces, sont transformés en besoins différenciés. Il a fallu les décoder, les nommer, les faire valider par les intéressés, les prioriser lorsqu’il y en a beaucoup, les faire entendre par les autres protagonistes du conflit.

En protection de l’enfance, l’acteur social à ce stade garde son rôle d’expertise. Il doit avant tout, qu’il soit travailleur social ou psychologue, avec ses moyens habituels (entretien avec le jeune, bilan psychologique, travail en réseau…) observer, évaluer les difficultés, les risques, les facteurs de danger pour l’enfant, mais en les nommant ensuite aux intéressés comme des besoins insatisfaits. Exemples : besoin d’arriver à l’heure à l’école pour se sentir comme les autres ou besoin de ne plus être exposé à des situations violentes entre adultes ou besoin d’avoir le droit d’aimer et garder des liens avec ses deux parents. Il n’y associe ni jugement, ni causalité éventuelle, ni amorce de solution !

Ensuite, après avoir nommé en termes de besoins à satisfaire le problème qui justifie son intervention, il va donner la parole aux adultes concernés. En les écoutant, en reformulant, sans interprétation, au plus juste de leur expression, le professionnel va les aider à décoder et valider leurs propres besoins qui peuvent être de tous ordres et bien différents des représentations, des « diagnostics » habituels des travailleurs sociaux.

  1. La troisième étape: les options. L’intervenant à cette étape va ouvrir des possibles, en proposant un espace de créativité, où chacun, (y compris le médiateur) sera invité à suggérer des options. Du coup, la « solution» initiale de l’un ou l’autre devient une option possible, qui sera examinée au milieu du reste. Et les options du professionnel ne sont pas « meilleures » que celles des intéressés.

C’est de façon active que le professionnel utilisant « l’approche-médiation » va impliquer les personnes concernées à chercher avec lui des options, des propositions visant à répondre à l’ensemble des besoins repérés à l’étape précédente. Ceux de l’enfant bien sûr, mais également les leurs.

  1. Quatrième étape: Discussion et choix des accords. Là, les intéressés en service indépendant vont discuter, échanger sur les options possibles, rejetant celles qui ne conviennent pas à l’un ou l’autre et gardant celles qui leur semblent acceptables ou à discuter. Ici, le médiateur se retire de l’échange, il reste « neutre» quant à la nature des échanges, régulant seulement la communication.

Il y a lieu parfois de vérifier avec les intéressés comment chaque option satisfait à la fois les besoins des uns et des autres et de rejeter ainsi celles qui ne rempliraient pas ce « contrat ».

Très souvent, lorsqu’aucune option ne retient l’assentiment général, il y a lieu de revenir à l’étape précédente car cela montre qu’il y a d’autres besoins cachés ou mal identifiés jusque-là. Ensuite nous développons à nouveau d’autres options incluant les nouveaux besoins repérés.

À cette étape l’intervenant va « partager » son pouvoir de discernement, de proposition, voire de décision avec les intéressés, en cherchant avec eux les moyens et solutions les plus adaptés parmi les options, pour eux et leurs enfants. Les choix doivent se dégager d’un consensus et non d’une adhésion plus ou moins « forcée » à la vision du professionnel.

  1. Cinquième étape: Modalités de l’entente. Il appartient là aussi aux intéressés de définir le type d’entente qu’ils souhaitent. Selon les personnes et les situations, les accords peuvent être verbaux ou écrits, rédigés à l’attention d’un magistrat pour officialisation ou sous forme d’engagement moral qui reste alors du domaine privé.

Ce moment est celui de l’engagement en cohérence avec l’ensemble de la démarche. Il permet de concrétiser les ententes choisies. C’est également le moment de l’articulation de la sphère privée et de la sphère publique puisque ce document sera la seule trace du chemin parcouru et pourra être utilisé auprès de tiers : magistrat bien sûr, mais aussi avocats, travailleurs sociaux ou autres.

En protection de l’enfance la démarche se finalisera selon les circonstances de façon très différente. Il peut s’agir d’un contrat dans une famille recomposée par exemple, signé par tous, des propositions communes de parents séparés reprises dans un document également signé… ou un accord verbal qui ne justifie pas de trace écrite.

Ici ont été évoqués plusieurs exemples: maltraitance psychologique, négligence, trouble du comportement d’un adolescent, parents séparés, famille recomposée… afin de montrer comment « l’approche-médiation » s’adapte aux diverses situations familiales ainsi qu’aux différentes problématiques rencontrées en Protection de l’enfance administrative ou judiciaire.

À noter que cette approche est également efficiente pour le travail d’investigation et le travail en réseau avec les différents partenaires.

Les limites de cette intervention se situent  avec des personnes qui sont sous emprise car elles ne seront pas en mesure de parler en leur nom propre, les personnes souffrant de maladies mentales importantes (paranoïa, schizophrénie par exemple) ou des personnes montrant un fort désintérêt pour leurs enfants.

Des ouvrages abordent cette nouvelle approche :

 « Recréer les liens familiaux  médiation familiale et soutien à la parentalité» écrit par Michele Savourey Edition chronique sociale.

« Famille et pratiques sociales : l’approche médiation : posture et initiative » écrit par Joelle Piovesan et Michel K. Laflamme Edition chronique sociale

« Protection de l’enfance et de la jeunesse. Comment accompagner la famille autrement » écrit par Pierrette Buisson et Michel Savourey.

Exemple d’expérience favorisant la participation des bénéficiaires :

♦ Expérience à MIGENNES (Bourgogne) dans un service éducatif de PAED/ appartement extérieur et habitat collectif. (A l’origine ce centre était un centre maternel).

Il accueille un public varié (mineurs couple femme ou homme seuls) souffrant de différentes problématiques (toxicomanie, handicap psychique ; précarité…). Dans le cadre des PEAD et pour répondre au manque d’assistantes familiales l’association fait appel à des assistantes maternelles (pour l’accueil en journée) en utilisant le droit PAJE des parents (donc c’est eux qui financent la garde de leur enfant). Cette organisation permet à la famille et à l’enfant d’être secondée.
Dans cet établissement les familles participent aux synthèses. L’équipe pluridisciplinaire (TISF ; ME ; ES ; Psy, IDE ; AS ; auxiliaire puéricultrice) a construit plusieurs outils car l’abstraction est difficile pour le public accueilli. Par exemple, des échanges sont faits pour repérer les dangers domestiques dans une maison (dans la maison de l’usager), parler de l’alimentation de l’hygiène et du sommeil et échanger les expériences entre les parents.  Les familles ont accès au questionnaire d’évaluation, cela leur permet d’être rassurés sur les critères que les professionnels observent. La durée des mesures est de 6 mois (18 mois avant). La séparation  est travaillée avant d’être acté ce qui diminue la violence du placement.

♦ En 2000, une expérience nouvelle est créé : Université populaire des parents.

Il en existe 33 en France sur des thématiques différente selon la région.Les parents d’enfant en situation de vulnérabilité apportent leur pierre à la réflexion des pratiques. Les parents ont la possibilité de participer aux rapports de fin de mesure envoyée au prescripteur en plus du rapport d’évaluation envoyé par le professionnel.

 

Erika Boiziot – ADJ le PATIO