ELOGE A LA FLEXIBILITE

Par Cécile LAFUENTE, Psychologue clinicienne SAVS SAUVEGARDE, Doctorante UBx – Victoire – INSERM U1219

Le psychologue en SAVS a de nombreuses missions. D’un point de vue strict, il rencontre les usagers qui en font la demande, effectue des entretiens psychologiques, utilise parfois des tests psychométriques ou échelles d’évaluation. Il contribue également à la construction d’un partenariat durable sur le secteur.

Tout cela à l’air bien défini n’est-ce-pas ? Il y a le titre, les règles établies, et puis il y a…l’Être Humain. Pas seulement l’usager, mais aussi l’équipe pluridisciplinaire, secrétaire de direction, moniteur-éducateur, éducateur-spécialisé, conseillère en économie sociale et familiale, chef de service, directrice et nos nombreux partenaires. Tous œuvrant auprès des usagers et chacun à sa façon, pour un instant ou pour longtemps. Dès lors, les professionnels voient leurs propres certitudes et pratiques évoluer : souplesse, flexibilité, comment pourrait-il en être autrement ?

Flexibilité. Reconnue dans la littérature scientifique, elle permet à l’individu de composer avec les pensées et émotions qui génèrent de la souffrance (1). Parmi les troubles qu’elle contribue à amoindrir on note la symptomatologie dépressive (2), mais aussi les troubles anxieux dont les troubles obsessionnels-compulsifs (3), ou encore l’anxiété sociale (4) et généralisée (5). La flexibilité – comportementale, cognitive, émotionnelle et relationnelle, peut être renforcée pour permettre au sujet de faciliter la traversée d’une épreuve (6).  

Et pour le professionnel…la flexibilité vient suggérer la possibilité de passer d’un état à un autre, donc d’évoluer lorsqu’il atteint une limite dans son accompagnement. Voilà donc un outil, profitable à toutes et à tous, professionnels et usagers, au travail comme à la maison !

 

(1) Billoux, S., Chapelle, F., Giocanti-Belmonte, C., & Callahan, S. (2012). Étude des relations entre les schémas précoces inadaptés, les stratégies de coping et la flexibilité psychologique chez des sujets présentant des troubles anxieux. Journal de thérapie comportementale et cognitive, 22(2), 46-52.
(2) Zettle, R. D., Rains, J. C., & Hayes, S. C. (2011). Processes of change in acceptance and commitment therapy and cognitive therapy for depression: A mediation reanalysis of Zettle and Rains. Behavior modification35(3), 265-283.

(3) Twohig, M. P., Hayes, S. C., & Masuda, A. (2006). Increasing willingness to experience obsessions: Acceptance and commitment therapy as a treatment for obsessive-compulsive disorder. Behavior therapy37(1), 3-13.
(4) Dalrymple, K. L., & Herbert, J. D. (2007). Acceptance and commitment therapy for generalized social anxiety disorder: A pilot study. Behavior modification31(5), 543-568.
(5) Roemer, L., Orsillo, S. M., & Salters-Pedneault, K. (2008). Efficacy of an acceptance-based behavior therapy for generalized anxiety disorder: Evaluation in a randomized controlled trial. Journal of consulting and clinical psychology76(6), 1083.
(6) Monestès, J. L., Villatte, M., & Loas, G. (2009). Introduction à la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT). Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive, 19(1), 30-34.